Privilège

L’exercice de création dans mon travail me fait vibrer. Rien ne me rend plus heureuse que d’immortaliser ma perception sur une toile. Toutefois, j’ai récemment réalisé un projet dont la démarche de création artistique était absente.

La créativité, cette fois-ci, venait plutôt de la procédure suivie pour en arriver à un bon résultat de restauration, c’est-à-dire, maintenir ce qui restait de l’image et combler les parties manquantes. Quel privilège me fut accordé de restaurer des oeuvres de Guido Nincheri et de L.E. Monty! Mais, quelle ne fut pas ma surprise de constater l’état de l’oeuvre centrale de 18 pieds de diamètre tombée au sol, 65 pieds plus bas, chargée d’eau dû à des gicleurs défectueux…

Ce projet s’est réalisé en deux temps. Dans un premier, il m’a fallu nettoyer, enlever les résidus de colle, réparer les fissures dans la toile, et faire un pansement liquide transparent pour uniformiser la surface. Dans un deuxième, j’ai dû analyser, comprendre le coup de pinceau et la technique utilisée et ce, dans le but de préserver l’intégrité et le style de l’artiste.

Ce projet a duré trois mois, et a représenté l’un des plus grands défis de ma carrière d’artiste. Ce fut un immense plaisir de rêvasser de longues journées dans la sérénité de cette église. Souvent, par de beaux après-midi ensoleillés, la lumière me rendait la véritable couleur de la fresque.

Apposer mon jalon dans ce lieu de culte a été un grand honneur, et m’a procuré le plus grand bonheur.